La Loire nucléaire, état des lieux

03/11/2019 17:18
- Article de La Rotative

À l’occasion du « Parlement de Loire » organisé par le POLAU [1], le Collectif Sortir Du Nucléaire Loire et Vienne, dont notre association fait partie, a dressé un état des lieux des installations nucléaires présentes le long de la Loire et de son bassin versant, et documenté les conséquences environnementales de cette implantation.

 

La Loire et son bassin versant sont, depuis plus de 40 ans, fortement « nucléarisés », c’est-à-dire qu’ils hébergent, sur leur rives, nombre d’installations nucléaires qui rejettent régulièrement dans les eaux des radionucléides, des métaux lourds, des substances chimiques... que ces rejets soient « autorisés » (sous prétexte de respect de normes dont on ne sait si elles ont relevé d’études à long terme sur l’impact régulier de ces substances sur le vivant), ou accidentels.

Quatorze réacteurs nucléaires sont en activité sur cinq sites nucléaires : Belleville, Dampierre, Saint-Laurent, Chinon et Civaux. Cinq réacteurs sont à l’arrêt mais émettent encore des rejets, sans parler des anciens sites miniers qui, comme à Bessines, sur la Gartempe, affluent de la Vienne, voient stockés des déchets qui contaminent les eaux alentour.


Carte des installations nucléaires le long de la Loire

Les rejets de l’industrie nucléaire

Les rejets radiologiques accidentels :

La Loire a dû absorber des rejets de plutonium suite à deux accidents nucléaires (fusion partielle des cœurs de réacteurs) sur le site de Saint-Laurent-des-Eaux en 1969 et en 1980. Le plutonium n’existe pas à l’état naturel (il est issu des activités nucléaires humaines), et il est extrêmement toxique s’il est inhalé, avalé ou s’il traverse la peau en cas de blessure.

En 1969, il n’y avait pas de réglementation sur les rejets. En 1980, l’accident a été classé de niveau 4 sur l’échelle de l’INES. Ce classement est actuellement contesté puisqu’il y a eu impact dissimulé sur l’environnement : on sait maintenant que du plutonium a été relâché dans la Loire suite à ces accidents [2]. Rien n’a été fait pour préserver les riverains, habitants humains et non-humains à l’époque, ni ensuite pour en évaluer les effets.

À noter aussi, qu’il arrive, notamment pour le tritium, massivement produit dans les centrales nucléaires, qu’il y ait des « fuites ».

Les rejets radiologiques « autorisés » :

Les installations nucléaires rejettent des substances radioactives, de manière continuelle [3]. Ces rejets se font directement dans l’atmosphère (tritium, carbone 14, iodes...) ou bien dans la Loire. Le tritium est le plus massivement rejeté. Il s’agit d’un isotope radio-actif de l’hydrogène, qui passe facilement de l’état gazeux à l’état liquide, et qui ne peut être piégé car trop petit. Il peut s’ intégrer à la chaîne du vivant : on dit qu’il est organiquement lié car il se substitue à l’hydrogène dans n’importe quelle molécule ou cellule, et ce jusqu’à l’ADN.

Rejets totaux en Loire d’après les rapports 2018 des CNPE

Sur le site de l’ASN, on peut lire le Livre blanc du tritium dont voici quelques extraits :

« Même si les études réalisées avec des faibles doses sont insuffisantes, les résultats disponibles vont dans le sens d’une toxicité du tritium plus importante que la toxicité retenue par les instances de radioprotection. » (p 255)

« Pour ce qui concerne le risque lié plus particulièrement à la forme organique du tritium (OBT), certaines données scientifiques font défaut sur le métabolisme et les effets biologiques associés au tritium organique en situation d’expositions environnementales (chroniques et à faibles débits de dose) (p 264)

 

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) ont lancé toutes deux l’été derniers des alertes sur la présence de tritium dans l’eau de Loire pour l’une et dans l’eau potable (pour les deux !) [4]

Les rejets chimiques

Chacune des centrales rejette aussi dans la Loire, tout au long de l’année, des tonnes de nitrates, des phosphates, métaux, détergents & produits biocides pour lutter contre amibes et légionelles... La liste est trop longue à détailler ici mais peut être consultée sur les rapports environnementaux des centres de productions sur le web.

Les rejets thermiques

Les centrales provoquent également toutes un réchauffement de l’eau du fleuve, dû à leur activité, en aval de leur site. Ce réchauffement est légalement fixé à 1°C (1,5°C en période de fort réchauffement) : quel impact (cumulé ?) au fil du fleuve, notamment quand la température de celui-ci est haute comme lors de la période de sécheresse et de canicule que nous venons de vivre ?

La consommation d’eau pour le refroidissement des réacteurs

Les centrales doivent être refroidies. Pour cela, elles pompent de l’eau en amont des sites et en rejettent une partie (réchauffée) en aval de ceux-ci.

Entre temps, une bonne partie a été évaporée : sur la Loire, les 14 réacteurs du bassin de Loire évaporent l’équivalent de plus de 500 piscines olympiques par jour puisqu’un réacteur nucléaire évapore 1m3/s soit 86 400 m3/jour.

En période de bas étiage (environ 50mcubes/s) , les 14 réacteurs évaporent plus de 25% de la ressource en eau.

La pollution par infiltrations des résidus des anciennes mines d’uranium

On peut prendre l’exemple de quatre anciens sites miniers du nord du département des Deux-Sèvres, qui sont traversés par des petits cours d’eau. Ceux-ci se déversent dans la Sèvre nantaise, qui elle même se jette dans la Loire. Or, les nappes et les cours d’eau sont, pour beaucoup, contaminés par les résidus miniers toujours radioactifs.

En conclusion

La filière de l’industrie nucléaire minimise, voire occulte, tous ces impacts qui, depuis 40 ans sur certains sites (Dampierre, Saint-Laurent, Chinon), 30 ans ou un peu moins sur d’autres, se cumulent.

Aucune enquête épidémiologique sur les conséquences de cette industrie sur les populations riveraines, humains et non-humains, n’existe.

De plus, ces sites vieillissent... Tandis que, pour un certain nombre, de graves défauts de maintenance sont patents, comme à Civaux ou à Belleville, qui a été placé en surveillance renforcée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

La Loire a ainsi été transformée en grand collecteur de déchets nucléaires, il faut que cela cesse. Quelles en sont et seront les conséquences sur les humains, la faune et la flore de la Loire et de son bassin versant ?

 

Notes

[1Voir la présentation du projet en cliquant ici.

[2Carottage réalisé par l’Université de Tours en lien avec l’IRSN.

[3Les rejets mensuels apparaissent désormais sur le site des centres de production.

 

AGENDA - INFOS

 

------------------------------------

------------------------------------

Pétition contre 2  EPR à Belleville-sur-Loire

"Pour des énergies véritablement propres": pétition mise en ligne le 17 décembre 2020 : ici

Proposée par le Collectif de Citoyens Voisins de Belleville sur Loire.
 
Suite à la réunion du PLUI de la Communauté de Communes du Sancerrois/Pays-Fort/Val-de-Loire nous demandons la révision de la politique énergétique, notamment autour la Centrale Nucléaire de Belleville.

Contrairement à ce qu'EDF tente de faire croire à nos élus l'énergie nucléaire n'est pas une énergie propre ni sans dangers.

Elle absorbe des finances colossales et génère des déchets ingérables.
Merci de signer et faire signer cette pétition et de la transmettre à vos élus.

------------------------------------

NON aux projets de nouvelles
installations nucléaires

Pétition, ici !!

https://www.sortirdunucleaire.org/local/cache-gd2/2a/4c9eb4d1a9b5a6923e326702f3f05d.png?1573653145

Réacteurs EPR, usines polluantes...
Refusons de nouveaux projets nucléaires sur nos territoires, interpellons nos élus locaux !

Pétition adressée aux Maires de France, élus municipaux et présidents d’intercommunalités

------------------------------------

Cyberaction

La cyberaction envoie un message à l'ASN à chacune de nos signatures !
En savoir plus et signer :
 
L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) cherche actuellement à constituer un « panel citoyen » de riverains des centrales nucléaires pour « affiner sa stratégie post-accident ».
Notre panel citoyen est là pour rappeler à l’ASN que son rôle n’est pas de nous préparer à une future catastrophe mais de faire le nécessaire pour qu’elle n’arrive pas.
La seule stratégie acceptable est d’empêcher l’accident. 

Pas de prolongation des vieux réacteurs de plus de 40 ans !

Pas de mise en service de l’EPR de Flamanville et pas de nouveaux réacteurs.

------------------------------------

lagrandemarche.org

DU 24 JUILLET AU 25 AOÛT 2021

La Hague – Flamanville – Caen – Le Havre – Paluel – Rouen – Louviers – La Défense – L’Assemblée Nationale à Paris
https://external-cdt1-1.xx.fbcdn.net/safe_image.php?d=AQF_e4lGJX5cZLph&w=500&h=261&url=http%3A%2F%2Flagrandemarche.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2018%2F06%2Fimage-la-grande-marche.jpg&cfs=1&ext=jpg&_nc_cb=1&_nc_hash=AQF978EG7ovZZVbF

Saviez-vous que la Normandie est une des zones les plus nucléarisées au monde ?

Piscine d'entreposage à la Hague, projet de nouveaux EPR, projet CIGEO... Il faut se mobiliser !

------------------------------------

Pas de polluants radioactifs dans notre eau potable !

Pétition de la CRIIRAD (Commission de Recherches et d'Information Indépendante sur la Radioactivité)

adressée à Mme Buzyn - Ministre de la Santé

 
Pour plus d'information,

-------------------------------

L’ASN a créé un nouveau portail de signalement pour les lanceurs d’alerte

2017 - 2018

La centrale nucléaire de Belleville sur Loire a fêté ses 30 ans !

14 octobre 2017 : L’unité de production n°1 fête ses 30 ans d’exploitation
6 juillet 2018 : L’unité de production n°2 fête ses 30 ans d’exploitation
 

Bon anniversaire à nous riverains de la centrale  !! ???

30 ans de fonctionnement de la centrale de Belleville, ce sont :

- 30 ans de rejets gazeux radioactifs (Gaz rares, Tritium, Carbone 14, Iodes, autres produits de fission ou d'activation emetteurs bêta ou gamma) :

des milliards de milliards de becquerels...

 

- 30 ans de rejets liquides radioactifs (Tritium encore, iodes, autres radioéléments, Carbone) :

encore des milliards de milliards de becquerels !

 

- 30 ans de rejets de produits chimiques dans la Loire (Acide borique, Hydrazine, Morpholine, Phosphates, azote, détergents, Cuivre, Zinc) :

des dizaines de tonnes de produits chimiques !

 

- 30 ans de déchets de haute, moyenne et faible radioactivité : environ 28000 m3 !

entreposés en fûts, coques, casiers, big-bags, caissons et piscines !

 

L'ANCCLI (l’Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information) s’est positionnée publiquement en faveur d’une extension des périmètres PPI de tous les CNPE à un rayon de 80 km.

Agissez avec l’ACRO pour que la France étende à 100 km la distribution d’iode stable

écrivez à votre préfet pour exiger de recevoir des comprimés d’iode pour vous et vos proches

 

  

Périmètres PPI de 2 km (en orange) 5 km (violet) et 20 km (vert) autour de la centrale de Belleville sur Loire

Ci-dessous : document officiel projet PPI 2018)

Ci-dessous : Périmètres de 20 et 80 km autour de la centrale de Belleville sur Loire (cliquer sur l'image pour agrandir)

  

 

Ci-dessous :  Ci-dessous : Périmètres du nouveau PPI Dampierre en Burly

Surveillance citoyenne des installations nucléaires

SCIN : un réseau d’informateurs afin de permettre une véritable circulation des informations relatives au fonctionnement des installations et afin de surveiller efficacement les exploitants délinquants.
 

-------------------------------

Suivez l'actualité des incidents dans les centrales nucléaires

Nucléaire : liste des incidents et accidents nucléaires

 

 

Contact

Sortir Du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye SDN Berry-Giennois-Puisaye
Siège social: 10, route de Cosne
18240 BOULLERET
Françoise : 06 64 33 91 29
Catherine : 06 62 84 13 88
sdn-berry.puisaye@orange.fr